« Le droit à l’amour » p. 26
Je lisais Vénus et Junon (plus tard, elle me parla de cet écrivain au nom russe qui avait retracé dans un livre son amour pour une adolescente).
C'était à Toulouse. Il faisait beau, et nous n'eûmes aucune difficulté pour nous garer. Je n'aurais jamais pu imaginer qu'il me serait advenu un jour de quérir dans un hôpital le droit à l'amour. Sans formalités contraignantes. Sans trop d'attente. Sans honte, et même avec une curiosité attisée par ce désir ensemble éprouvé de n'être là que pour mieux et davantage s'aimer. Pour une fois, je pensais que l'humanité était en progrès.
Elle devenait libre de son corps, comme de son cœur. M'en veut-elle encore aujourd'hui, elle qui m'apprit à quel point on pouvait rendre l'autre prisonnier? Elle qui, de l'hôpital à la prison, s'est enivrée de la douleur de vivre?
C’était un jour de gloire et de bonheur. Il y en eut d’autres. Reste figée dans le soleil d’un jour d’été cette immense cour où le gravier crisse sous les pieds.
