« Roses cadavres, Noires liquides » p. 18-19
Pour M.M., par-delà son image elle-même initiale au cimetière d'Aurensen, et par-delà encore cette phrase de Genet: « C'est des roses qu'en effet j'avais désirées, car leurs pétales ont assez de sensibilité pour enregistrer tous les chagrins, puis les transmettre au cadavre qui perçoit tout. »
Brune d’outre fourrure
noire nue sous ton sourire roux
À déchirer d’impuissance IVRE
IMAGE douloureux fers d’irréelle
splendeur du heurt lourd des cheveux
Tes cheveux
sur mon cul d'écorcher si pur d'extases roses
joues
de blanches voiles aux cils fous
scintille l'inexpérience des jours
rire
délicieux d'astres froissés
la ferveur que hâle
la pâle paupière
morte à détruire les roses
(Sûr dans ma tête bourdonne encore ton velours)
Feu gris des cuisses aux mains brûlante bague
opaque cristal ton emblème et ton pays peut-être
montagnes d'azur Biarritz aux brumes
roches déchirées d'écume franche à tes cheveux
Tes cheveux
sur tes seins sous ton shetland d'ivresse
molle au cou romantique trique
impuissance
ma Dame folle d'Arsenic
et le duvet des petits oiseaux
les plumes au ventre creux
sommeils durs de volupté
de ton nom
le regard des nuages
d'antiques errances
désire ton corps
brumeux de laine
des fruits et des fuites
incertaines tendresses détressées de tes yeux
